Sébastien MÉHAUX

La Table d’Antoine

Un chef sans frontière

Derrière le chef gastronomique, pas d’histoire de transmission familiale autour de la cuisine. Nourri à la purée-saucisse, c’est à la suite d’une promesse faite à son arrière-grand-mère – devenir pâtissier pour lui préparer de bons gâteaux – que Sébastien Méhaux se tourne vers les métiers de bouche. Formé en école hôtelière, il se découvre finalement une vocation pour la cuisine et fait ses premières armes dans un restaurant de campagne, avant de rejoindre très jeune la maison de Pierre Orsi à Lyon, alors étoilée. Une expérience fondatrice, marquée par la découverte de la haute gastronomie et des produits d’exception, qui éveille son exigence et ses rêves. De retour en Auvergne à la toute fin des années 1990, il intègre La ferme Saint-Sébastien, où il rencontre celle qui deviendra sa femme. Ensemble, ils se lancent rapidement dans l’aventure entrepreneuriale en ouvrant leur premier établissement dans le Cantal, à SaintÉtienne-de-Carlat. Malgré un lieu plein de charme, son isolement les pousse à poursuivre leur chemin ailleurs. S’ensuivent alors plusieurs expériences qui affinent l’identité culinaire du chef – Le Cinq Mars à Effiat, puis L’Hippocampe à Vichy – avant une mise en pause temporaire de sa carrière de cuisinier, au profit d’un poste de releveur de compteur, le temps de mener un projet personnel de rénovation de grange.  Toujours animé par le mouvement et la découverte, il explore ensuite d’autres voies : camion à pizzas le soir – avec une signature originale de pizzas carrées – et activité d’agent immobilier le jour. Il occupe même, un temps, les fonctions d’agent financier dans une mairie ! Puis, l’appel du large se fait sentir. Après une reprise réussie, avec sa femme, de l’auberge Le Limargue, entre Rocamadour et Padirac, tous deux prennent la route du Finistère Nord pour transformer une crêperie en bistrot : L’Émoi des mets. Porté par une culture locale forte et par l’accès privilégié à des produits qu’il affectionne, c’est là que le chef commence à affirmer sa cuisine. L’arrivée du Covid agit alors comme un accélérateur, faisant naître le besoin profond de s’exprimer pleinement dans son art, sans retenue. Et c’est en Auvergne, dans l’Allier, que s’écrit en 2023 cette nouvelle page avec la reprise de La Table d’Antoine.

Une cuisine d’auteur

À La Table d’Antoine, on ne vient pas simplement déjeuner ou dîner : on vient vivre une expérience. Celle d’un voyage gastronomique singulier, à la croisée de l’Auvergne, de la Bretagne et du Japon. Le chef Sébastien Méhaux signe une cuisine créative, portée par une sélection exigeante de produits « nobles », selon sa propre définition : des produits savoureux et de saison, sourcés auprès de producteurs dont il salue le savoir-faire et l’éthique, et, autant que possible, locaux. Les produits de la mer et les crustacés – ses ingrédients « muses » – côtoient avec brio légumes, belles pièces de viande, algues fraîches, misos et sauces soja d’exception. Sa philosophie ? Faire dialoguer passion, audace et finesse dans chaque assiette. Le chef veille à ce que les saveurs et les textures s’expriment tour à tour dans une chorégraphie parfaitement maîtrisée. Au cœur de sa cuisine, pas de goût dominant qui s’impose, mais une succession de nuances qui éveillent les sens et invitent à la réflexion, comme à l’évasion. Des touches de sucré-salé, parfois, des revisites – à l’image de « Tradition en rébellion », version maison travaillée du traditionnel plateau de fromages auvergnats – et une attention d’orfèvre portée aux cuissons. En somme, une cuisine qui vient du cœur, pensée pour faire découvrir autant que pour faire plaisir… y compris aux végétariens auxquels elle s’adapte volontiers.

Une expérience gastronomique à part entière... mais pas comme les autres

À La Table d’Antoine, le repas se vit comme un parcours en plusieurs temps, avec des menus en 8 à 12 séquences, de 69 à 169 euros, évoluant au fil des saisons et des arrivages.

L’expérience se prolonge au-delà de l’assiette : pains faits maison pensés pour chaque plat, accords mets-vins ou thés – plus original, cocktails signatures, élixir de « reset », servi en éprouvette, à déguster et à décrypter avant le passage au sucré…

Chaque détail est travaillé pour accompagner le convive du début à la fin.

Quant au service, attentif mais sans formalisme, il reflète pleinement l’esprit du lieu : chaleureux, accessible, sincère.

«Ici, nous travaillons majoritairement en famille et tenons à cultiver cet esprit « comme à la maison». Chacun est invité à venir avec son style et sa personnalité. On peut parler, rire, et même saucer ! C’est ce que nous aimons : la spontanéité, les échanges, le partage… Que les gens vivent pleinement, entre eux et avec nous, ce voyage ! », précise avec enthousiasme Sébastien Méhaux.

Zoom sur une spécificité du restaurant : l’accord mets et thés Pensé comme une véritable alternative sans alcool, l’accord mets et thés est travaillé avec précision par le sommelier de la maison. Thés verts, noirs, blancs… Toute nouvelle création culinaire devient l’occasion de trouver LA référence qui en révélera toutes les nuances.

La Table d'Antoine

La Table d’Antoine s’inscrit aujourd’hui à Vichy comme une adresse singulière, portée par une équipe majoritairement familiale. Une table où exigence gastronomique, esprit de partage et évasion entre terroirs et horizons lointains se répondent.